Mort et renaissance spirituelle
Hans Küry

À PROPOS DE L'AUTEUR
Hans Küry est né à Bâle (Suisse) le 5 octobre 1906 et y est décédé le 19 septembre 1987. Il fut élevé dans une famille de la bonne bourgeoisie avec ses deux frères, Gustav né en 1904 et Ernst né en 1908. Son père était un avocat connu et estimé, et sa mère, Anna Futterer, était la sœur du compositeur Carl Futterer que Hans Küry soutint plus tard à maintes reprises.

Après la maturité (baccalauréat), il étudia l’allemand, l’anglais et l’histoire — études enrichies de séjours à l’étranger (Munich, Londres et Grenoble) qui élargirent son horizon. Il acheva ce cursus par l’agrégation et le doctorat. Sa thèse "Einkehr bei Shakespeare" connut une importante reconnaissance. Après cinq ans d’activité comme professeur durant les années trente fertiles en crises, il exerça le métier de correcteur, d’abord chez Benno Schwabe & Co à Bâle, puis aux éditions Emil Oesch à Thalwil près de Zurich. Ces éditions le chargèrent aussi d’écrire quelques ouvrages — notamment sur l’usage de la langue ou sur l’art épistolaire — qui furent publiés avec succès. En 1945, il fut engagé chez Ciba/Novartis à Bâle (industrie chimique et pharmaceutique), où il devint rédacteur de la revue "Ciba-Blätter" et fondé de pouvoir.

Ayant perdu toute illusion sur l’essor de la technique et la foi dans le progrès, désenchanté par les deux guerres cruelles et par le matérialisme dominant notre époque moderne de plus en plus dépourvue d'esprit et de sens, il s’interrogea sur la Vérité immuable et éternelle. Par son frère Ernst, il entra en contact avec le philosophe Frithjof Schuon, versé dans la connaissance des religions, et dont les écrits — en partie stimulés par René Guénon — influencèrent son attitude face à la vie.

Ses talents littéraires et stylistiques lui vinrent bien à point lorsque — après des années de recherche et de maturation — il écrivit sur le sens de la vie, sur la vérité, qui est étouffée par l’activité profane, et sur la Sophia perennis. Plusieurs essais, encore inédits, traitent entre autres de la croyance en Dieu, de la présence de Dieu dans Ses œuvres, de la caverne initiatique, et des grands poètes Homère, Virgile, Dante et Shakespeare considérés comme témoins de la Sagesse divine.

Malheureusement, sa fidèle compagne qu’il avait épousée en 1941 mourut inopinément en 1970, peu après qu’il eut accédé à la retraite. Il en fut très affecté. Comme il le mentionne lui-même dans la préface de son livre "Der wissende Tod" (paru chez Ansata-Verlag en 1982, et traduit en français aux éditions Les Sept Flèches en 2006), la foi en la vie dans l’Unité divine, vie victorieuse de la mort, lui fut d’un grand secours.
Annelies Gemperli-Küry
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